promenades

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à découvrir absolument, le Sibère Carnet de Christophe Courtois, qui babille allègrement sur les baleines australiennes, élabore un trombinoscope des génies, ou explique avec brio la différence entre art nouveau et art déco

sinon – et n’est-ce pas merveilleux? – le Rigaut blog existe toujours!

je pensais précisément à Jacques Rigaut, et son goût des héritières américaines, en voyant aujourd’hui les affiches pour l’exposition « Atlantique Noir » que le Musée du quai Branly organise autour de la figure de Nancy Cunard

sur le « Journal d’un voyage aux Indes Orientales » de Robert Challe

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quelques indications supplémentaires sur le Journal d’un voyage aux Indes Orientales écrit en 1690-91 par Robert Challe, dont je parlais il y a quelques mois ici et ici dans mon Journal. découvrant Challe tout à fait par hasard dans un livre de Philippe Lejeune (« Un journal à soi« ), j’ai été très étonnée de lire à plusieurs reprises par la suite que cet oublié du canon littéraire, auteur de romans, de mémoires et d’un ouvrage critique de la religion qui n’est pas sans rappeler Voltaire, était considéré comme le plus grand écrivain français de la période 1680-1715…

une édition en ligne (avec formats PDF et Kindle)

une excellente notice biographique sur le Bulletin des Bibliothèques de France

un article de Chantal Meure, une bibliographie extrêmement détaillée, et même le manuscrit d’une thèse sur « Robert Challe, écrivain de soi » à l’université d’Ottawa

et enfin, une conférence plus généraliste sur « les raisons du voyage » et l’écriture viatique sur le site du Centre de Recherche sur la Littérature de Voyage

joyeux bordel

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bien avant tumbler, il y avait des gens qui faisaient des pages à la main, avec des tas d’images et parfois même des gifs animés, sur des hébergeurs dont la plupart ont sombré en emportant corps et biens. quelle joie donc de découvrir La Petite Page à Lena, joli fouillis consacré principalement aux femmes dans l’histoire des arts, et qui met en avant des femmes troublantes, des intrigantes, des courtisanes, construit un parcours iconographique de la prostitution, donne son avis sur tout (« Il faut sans doute être simple d’esprit pour feindre de croire comme le font les « rédacteurs » de Wikipédia que leurs missions se limitaient à faire de la causette. En fait elles couchaient et elles devaient bien coucher » dit-elle au sujet des escadrons volants de Marie de Médicis) et semble obsédée, à juste titre, par le cou phallique du cygne de Léda… un très joyeux bordel.

incongruités du web

le Latourex, qui n’est pas à Bruno Latour ce que le Derridex est à Derrida, mais un LAboratoire de TOUrisme EXpérimental ;

une rencontre filmée à Paris entre Avital Ronell et Werner Herzog où le vieux roublard allemand déclare « quand les difficultés me semblent insurmontables, c’est auprès du langage que je trouve refuge, pas des images » ;

une fiche sur la machine d’Anticythère, premier calculateur analogique qui permettait de se repérer selon des positions astronomiques ;

l’Atlas Obscura, qui rassemble un joyeux bric-à-brac de lieux étonnants à travers le monde ;

sans oublier bien sûr le bien nommé Museum of Ridiculously Interesting Things

Yi King

je ne sais plus où j’ai pris l’idée, devenue depuis longtemps habitude, de consulter le Yi King lorsque je suis aux prises avec une décision. peut être était-ce une suggestion de Jean-Pascal dans sa merveilleuse page Secours?

mon Yi King de prédilection se trouve sur la page Wengu, beau recueil de textes classiques chinois parmi lesquels on trouve aussi le Tao de Lao-Tseu, les écrits de Confucius ou bien l’émouvant Canon des Poèmes. J’y ai découvert récemment une page complémentaire à la pratique du Yi King qui s’appelle « Les 36 Stratagèmes« , sorte de vade-mecum pour se sortir des situations conflictuelles. rien de mystique ou de définitif, bien au contraire, à peine une impulsion pour penser de côté, que ce soit par effet d’influence, de réaction, ou bien par le biais d’une rêverie poétique…

II.    Plans pour les batailles indécises 
7.     « Créer quelque chose ex-nihilo »
8.     « L’avancée secrète vers Chencang »
9.     « Regarder le feu depuis l’autre rive »
10.     « Dissimuler une épée dans un sourire »
11.     « La prune remplace la pêche dans l’impasse »
12.     « Emmener la chèvre en passant »

Tarkovski – l’eau et la mémoire

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toujours hantée par Tarkovski

la première conférence de Jean Douchet à l’Institut Lumière souligne merveilleusement la dynamique interne de l’un de ses films les plus frappants: Andrei Rublev n’est pas un film sur un peintre (que par ailleurs on ne voit jamais peindre) ni même sur le processus créatif, mais sur ce qui entoure le peintre, ce qui constitue le processus créatif. la cloche qui ouvre le film au moment où un ballon s’envole dans le ciel est bien la cloche si lentement, si durement forgée dans la dernière partie du film: cette cloche contenue en soi et dont aucune expérience préalable ou extérieure ne dicte la construction (comme le rappelle Tarkovski lui même dans une interview filmée).

et partout, le sol humide de la Russie, l’eau coulante de la mémoire, en particulier dans ces quelques scènes splendides du Miroir.

dans Ca veut dire quoi ‘un film de Tarkovski’, Jean-Michel Frodon rappelle la matérialité du cinéma de Tarkovski:

   « Comme tous les grands cinéastes de l’esprit, comme Dreyer, comme Bresson, comme     Rossellini, comme Buñuel, comme Lars von Trier, Tarkovski est un cinéaste matérialiste. Parce qu’il éprouve au plus intime que le cinéma ne se fait qu’avec cela, la matière. Et que c’est par elle que les angoisses les plus profondes, les rêves les plus élevés deviennent sensibles. Il ne s’agit pas ici des opinions d’Andrei Tarkovski, de ses «choix philosophiques» ou religieux, il s’agit des matériaux avec lesquels il a filmé. De la pluie qui noie la grange de Roublev et du bruit de l’incendie du Miroir, de l’espace trop vaste à l’intérieur du vaisseau spatial de Solaris, de l’eau du bassin et de la lumière des fenêtres de Nostalghia, des champs lourds et du ciel vide du Sacrifice… »

et puis – ironie des fidélités, continuité du sens – quelqu’un m’a rappelé qu’il y a plusieurs années déjà, sur la page d’accueil de mon journal, c’est par Tarkovski que je me définissais.

Vidéo

poésies oubliées

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Pour faire le pont de Buenos Aires à Paris, rien ne vaut la merveilleuse mise en musique que le Cuarteto Cedron a faite du poème de Raúl González Tuñón, intitulé La cerveza del pescador de Schiltigheim:

il n’existe pas, à ma connaissance, de publication de traduction française des poèmes de Tuñón à qui l’ont doit pourtant une certaine saveur de la route, de l’exil, de la beauté des rencontres simples, et l’expression de la grande, la belle tristesse argentine. Voici la seule traduction (artisanale) que j’ai trouvée:

La rue du trou dans la chaussette

Moi je connais une rue qu’il y a dans n’importe quelle ville
et la femme que j’aime avec un béret bleu.
Moi je connais la musique d’une baraque de foire
petits bateaux en bouteilles et fumée à l’horizon.
Moi je connais une rue qu’il y a dans n’importe quelle ville,
ni les lèvres profilées sur une vieille chanson
ni l’affiche éteinte de l’ossature grotesque
toile d’araignée du monde pour mon coeur.
Ni les lumières qui toujours s’en vont avec d’autres hommes
aux genoux nus et aux bras tendus.
J’avais quelques rêves ressemblant aux rêves
Qui caressent la nuit les enfants endormis.
J’avais la splendeur d’un bonheur
et je voyais mon visage fixé dans les vitrines
et dans un lieu du monde j’étais l’homme heureux.
Vous connaissez des paysages peints sur les vitres?
Et des poupées de chiffon avec de gais bonnets?
Et des petits soldats marchant dans le matin
et des voitures de légumes aux couleurs gaies?
Moi je connais une rue de n’importe quelle ville
et mon âme si lointaine et si proche de moi
et riant de la mort et de la chance et
heureux comme une branche de vent au printemps.
L’aveugle est en train de chanter. Je te dis: J’aime la guerre!
C’est simple, chérie, comme le globe de lumière
de l’hôtel où tu vis. Moi je monte l’escalier
la musique vient près de moi, la musique.
Les deux nous sommes gitans d’une troupe vagabonde,
joyeux en haut de n’importe quelle rue.
Joyeuses les cloches avec une nouvelle voix.
Toi, tu crois encore à la révolution
et par le trou que tu couds à ton bas
sort le soleil et toute la chambre se remplit de lumière.
Moi je connais une rue qu’il y a dans n’importe quelle ville,
une rue que personne ne connaît ni traverse.
Seul j’y marche avec ma douleur nue,
seul avec le souvenir d’une femme aimée.
Elle est dans un port. Un port? Moi j’ai connu un port.

Dire, moi j’ai connu, c’est dire: quelque chose est mort.

de RAÚL GONZÁLEZ TUÑÓN
version de Claire Deloupy

tentative de sauvetage des archives

l’internet change plus fréquemment que la forme de mes écritures: je voulais revenir à mon blog, cette sale bête de Blogger m’en empêche, alors zou, j’ai tout déménagé ici.

19.12.07

le manque

« Quand on vous informe, on vous dit ce que vous êtes censés devoir croire ; en d’autres termes, informer c’est faire circuler un mot d’ordre…. (…) On nous demande pas de croire : on nous demande de nous comporter comme si nous le croyions…. (…) L’information, c’est exactement le système du contrôle. »

Gilles Deleuze, L’acte de création
vidéo d’une conférence à la FEMIS en 1987
(et retranscription écrite)
pour parler de Dostoïevski, de Kurosawa, de Foucault et des trucs qu’on aime :

« quel est le rapport de l’oeuvre d’art avec la communication ? Aucun. L’oeuvre d’art n’est pas un instrument de communication. L’oeuvre d’art ne contient strictement pas la moindre information. En revanche, il y a une affinité fondamentale entre l’oeuvre d’art et l’acte de résistance. Alors là oui, il y a quelque chose à faire avec la communication et l’information, à titre d’acte de résistance. »

d’autres vidéos ici et .
il faut dire que Deleuze c’est d’abord pour moi une voix, un visage, des quintes de toux mêlées de rire et puis cette façon heureuse de parler : l’Abécédaire et les cours enregistrés à Paris 8 comme des passages ouverts dans le temps.

pour accompagner : quelques éléments d’un petit vocabulaire deleuzien
et bien sûr le très complet et très merveilleux WebDeleuze

on comble le manque comme on peut.

:: mis en ligne par O., 19:55 | link | 

5.11.07

le monde du bout du monde

vite ! à réécouter sur le site de France-Cul, la superbe émission Tout un monde consacrée ces deux derniers dimanches au tour du monde de Magellan… à l’occasion de la parution du Voyage de Magellan – La relation d’Antonio Pigafetta et autres témoignages ; 1519-1522 aux éditions Chandeigne. c’est plein de vagues violentes, d’îles mystérieuses, de grands patagons aux feux flambants et de marins malades du scorbut : j’adore.Michel Chandeigne explique le pourquoi et le comment de cette publication dans un entretien dans la bibliothèque sonore de Contre-feux, la revue de Lekti-écriture.

à lire aussi : Histoire du nouveau monde (en deux volumes) de Carmen Bernand et Serge Gruzinski, et Histoire de Buenos Aires de Carmen Bernand toute seule.

plus moderne : l’avancement de l’expédition franco-chiliennePatagonia Ultima est en ligne ici.

:: mis en ligne par O., 00:12 | link | 

16.10.07

umi no yumei

ça fait un bon moment que je lis avec joie « Poétiques en cours – le blog de Gérard Larnac« , toujours si fin, si éclatant, entier dans l’explosion du sens et la révolte et la beauté, je cite pour le plaisir « Si la phrase n’ouvre pas un champ à la conscience, et de là un nouveau champ d’expérience, franchement, à quoi bon écrire ? On est con, mais pas à ce point !« – et voilà qu’il nous donne de Tokyo des bribes d’un Carnet d’Asakusa qui me déchire le coeur par avance… merci !
:: mis en ligne par O., 00:18 | link | 

11.9.07

ce morceau de moi-même empli de tous les autres

Inside : carnet de rêves
sur le site Dreaming Methods, avec beaucoup d’autres projets de « fiction digitale » (attention trucs glauques)et moi la nuit je rêve d’une fille très jeune vêtue d’une robe de mariée et quand elle descend dans la fosse aux lions les lions dorment à ses pieds.
Dream Moods me suggère de me méfier de la part d’agressivité qui est en moi…
et La Boîte à Rêves est un endroit comme un autre pour l’entreposer.
à voir aussi, sur le site du Recueil de Récits de Rêve un large choix de textes littéraires francophones.
quant au site de la Base de Rêves, projet pluridisciplinaire de plusieurs universités canadiennes (où l’on note l’absence remarquable tant du travail des Surréalistes que des études de Freud et de Jung…), il met en revanche en ligne le livre d’Artémidore d’EphèseLa Clef des Songes, véritable bible de référence pour l’interprétation des rêves au Moyen-Age :

 » Voir un lion doux et familier signifie et bien et utilité par le roi à l’homme de guerre, par le magistrat à l’homme de métier, par le maître au serviteur. Car le lion représente ces personnages, pour sa force puissante. Mais s’il est échauffé, et s’il veut nuire, cela signifie crainte, maladie, et menaces de telles personnes, ou danger de feu. Voir ou avoir le front d’un lion, c’est bon à tous : le plus souvent c’est génération d’enfant mâle. La lionne signifie comme le lion, sauf que moindres biens, et de moindres maux, et non par les hommes, mais par les femmes. […] Et faut retenir que bêtes domestiques qui se montreront fières et sauvages, sont significatives des maux, au contraire les cruelles ou sauvages qui par songe se présenteront douces et domestiques sont significatives des biens : mais encor signifient grands profits, si elles semblent parler notre langue même si elles disent quelque chose de bon et de joyeux et tout ce qu’elles disent communément advient. « 

évidemment, dans le rêve même il faudrait que lionne (femelle) = moins, et qu’un bon présage = annonce d’enfant mâle. ça s’appelle duphallocentrisme, voire phallogocentrisme, et force est d’admettre que lorsqu’on cherche des informations sur Derrida sur internet, mieux vaut parler anglais que français – ça, par contre, ça s’appelle du déni, de l’obstruction intellectuelle, et de la bêtise.
en attendant, toujours relire Desnos,
et puis, clin d’oeil : Le Cercle de l’Onirisme Fatal
:: mis en ligne par O., 20:01 | link | 

3.9.07

ok, mon ordinateur a définitivement rendu l’âme.

je bidouille depuis un vieux machin emprunté.

impossible de mettre le journal à jour sans Dreamweaver.
on m’a parlé de Matizha Sublime ou NVU… très sibyllins pour moi pour le moment.

d’autres idées ? merci de les envoyer par email à kinjiki at free point fr, comme tout mail récent, puisque la bête est morte avec toutes mes archives et mes contacts…

j’essaye de rester calme.

:: mis en ligne par O., 01:10 | link | 

5.7.07

certes ça n’est pas très gai, mais c’est nécessaire :

« En ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur traque le gibier. Partout où je crois l’apercevoir dans la forêt, je tire. Souvent je n’atteins que le vide mais, une fois de temps en temps, une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consolation ne dure que le temps d’un souffle de vent dans la cime d’un arbre, je me dépêche de m’emparer de ma victime.

Qu’ai-je alors entre mes bras ?

Puisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de voyage malheureux. Puisque je suis poète : un arc de mots que je ressens de la joie et de l’effroi à bander. Puisque je suis prisonnier : un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort : un animal vivant et bien chaud, un cœur qui bat de façon sarcastique. Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur.

Mais il y a aussi des consolations qui viennent à moi sans y être conviées et qui remplissent ma chambre de chuchotements odieux : Je suis ton plaisir – aime-les tous ! Je suis ton talent – fais-en aussi mauvais usage que de toi-même ! Je suis ton désir de jouissance – seuls vivent les gourmets ! Je suis ta solitude – méprise les hommes ! Je suis ton aspiration à la mort – alors tranche !

Le fil du rasoir est bien étroit. »

extrait de Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, de Stig Dagerman, traduit du suédois par Philippe Bouquet aux éditions Actes Sud, et consultable en ligne, avec un bon article critique sur le Matricule des anges et un autre sur Remue.net.

:: mis en ligne par O., 00:19 | link | 

14.6.07

K me signale une poignée de liens vers des films de Chris Marker que l’on peut regarder sur Dailymotion tels que :

Les statues meurent aussi
, avec la voix de Jean Négroni : « l’art nègre : parce qu’elles sont écrites dans le bois, nous prenons leurs pensées pour des statues, et nous trouvons du pittoresque là où un membre de la communauté noire voit le visage d’une culture. »

La Jetée
 évidemment, incroyable photomontage tendu en avant vers un clignement de paupière (et comment oublier le beau bar éponyme du Golden Gai ?)
de l’Afrique au Japon en visée sensible et poétique il faut voir Sans soleil pour un voyage aux « deux pôles extrêmes de la survie » : la version anglaise lue par Alexandra Stewart est sur youtube, je n’ai pas réussi à trouver la version française qui permettrait d’apprécier toute la couleur des lettres (fictives) de ce soi-disant Sandor Krasna mais qu’importe, de toute façon, comme chez Tarkovski, c’est l’image qui fait sens.
et puis, terrible tellement : 
La batalla de Chile
, de Patricio Guzman avec la collaboration de Chris Marker, une trilogie pour retracer l’histoire du gouvernement de Salvador Allende, la marche vers le coup d’état et la dictature du général Pinochet, pour montrer « les visages anonymes, les milliers de sympathisants et militants engagés dans la tourmente politique« .
ça devrait suffire pour ce soir.
:: mis en ligne par O., 15:41 | link | 

13.6.07

Roberto Bolaño c’est bien simple, c’est l’amour fou.
ça a commencé par hasard dans le sous-sol de Vent d’Ouest. j’étais en train de lire le splendide récit de voyage en Patagonie de Bruce Chatwin, je pensais au Monde du bout du monde de Sepulveda dont M. m’avait parlé, un truc impeccable pour nourrir mes images de failles sismiques et de baleiniers japonais, à côté de moi le beau brun de service lorgnait sur ce truc assez étonnant intitulé L’anthologie de la littérature nazie en Amérique d’un certain Bolaño, et puis finalement du même Bolaño il a choisi Le gaucho insupportable.
(c’est parce que Bolaño est chilien m’a dit Leo tout à l’heure au sujet du Gaucho, les Chiliens détestent les Argentins.)
bon. j’ai lu Le gaucho insupportable. et j’ai couru chercher Etoile distante. et Nocturne du Chili. et maintenant Les détectives sauvages. et je ne veux plus jamais dormir, et je veux que Bourgois se dépêche de sortir 2666dans l’une de ces si belles collections où il a eu le bon goût d’éditer et traduire Bolaño.
alors, pour suivre la trace des Détectives Sauvages :
un extrait en ligne sur le site de l’éditeur (ah et quelle couverture ! lesBilly Boys m’ont toujours suivie partout)
une lecture sur le blog biblioteca del babel, en miroir des (excellents) articles sur Bolaño de Tabula Rasa
il faut dire : j’ai aimé le Chili avant même de le savoir, petite, en écoutant les disques du camarade Francisco de MIR, parce que le 11 septembre n’a jamais célébré que la brutale mise au jour médiatique de la crise orient/occident, parce que d’un pays inconnu pourtant on gardait trace dans ma famille, il le dit encore et sans ambages mon père il dit il y avait cette édition du Monde au lendemain du 11 septembre 2001 qui nous voulait « tous américains » mais cela faisait longtemps, très longtemps et pourtant dans l’indifférence et l’oubli que l’on avait été, véritablement, tous chiliens.
alors sans surprise je voudrais voir L’ambassade de Chris Marker :
« Un film super 8-trouvé dans une ambassade montre des réfugiés politiques qui organisent leur vie en transit dans ce territoire d’asile après un coup d’état militaire. Le commentaire parle de notes prises au jour le jour. Toute ressemblance avec des personnages et des faits réels serait évidemment pure coïncidence ! « 
:: mis en ligne par O., 18:27 | link | 

28.3.07

oh Sylvia…

difficile de présenter Sylvia Plath : née sur la côte est des USA en 1932, merveilleux exemple de réussite (université prestigieuse, Yale boys, poèmes publiés dans des revues) et de ce qui va avec (sentiment d’imposture, crash émotionnel, tentative de suicide), il paraît qu’il y a un chapitre à faire sur son deuil jamais réalisé de la perte de son père, il y a surtout son angoisse de devoir choisir entre l’écriture et la vie de douce femme mariée, son attente de l’enfant, son appel de l’homme vrai, il ne faut pas oublier le surgissement du corps, dans le plaisir et dans l’angoisse, dans la fiction, dans la poésie, et puis les pages splendides, fines, immenses, dangereuses, de son journal – journal tenu de ses 12 ans jusqu’à son suicide peu avant ses 30 ans, et dont son cher mari Ted Hughes a tout simplement supprimé les derniers cahiers sans doute pas bien souples à son égard ; ce qui a, pour résumer très grossièrement, propulsé SP au rang de victime et d’icône féministe dès les années 70. femme entravée, femme trahie, femme censurée : ce sont des arguments (et je suis comme toutes les autres, je déteste Ted Hughes jusque dans ses lamentables préfaces d’Emily Dickinson) mais la vraie question reste celle, globale, fondamentale, jamais résolue, de la création poétique – et de la création poétique pour une femme :

« Can I write ? Will I write if I practice enough ? How much should I sacrifice to writing anyway, before I find out if I’m any good ? Above all, CAN A SELFISH EGOCENTRIC JEALOUS AND UNIMAGINATIVE FEMALE WRITE A DAMN THING WORTH WHILE ? » (Sylvia Plath, Unabridged Journals)
alors, quelques pistes de lecture avec tout d’abord un très bon site, très complet, avec notamment une page « Sylvia Plath for beginners ».
le SylviaPlathForum est d’une belle exigence : on y trouve des mp3 des poèmes enregistrés par SP pour la BBC, beaucoup d’articles, et tout récemment des extraits de la correspondance jamais publiée ni traduite des archives de la Lilly Library
parmi beaucoup d’articles, pas mal de trucs sur findarticles.com, et puis celui-ci sur la Gale Literary Database, qui rappelle cette fracture du moi dans l’écriture intime (« her dual consciousness of self as both subject and object ») ou la littérature confessionnelle, puisque SP est souvent classée dans la case « confessional poetry » avec Anne Sextonou Robert Lowell
à voir enfin, the real Sylvia Plath, un article qui rebondit sur l’édition tant attendue de son journal non censuré en 2000
(je me souviens que je l’ai acheté à New York – les magnolias étaient en fleurs, ils avaient deux semaines d’avance sur ceux de Montréal – et je l’ai traîné partout avec moi depuis, pour n’être jamais seule)
quelques machins en français sur wikipedia, sur le club des poètes, et un bon article de T. Tuhkunen-Couzic de l’uni de Nantes : « autobiographie en progrès« … bien sûr il faut aussi signaler, chez le franchement nécessaire Jean-Michel Place, un petit bouquin lieu de rencontre entre SP et Valérie Rouzeau, très fin.
pour lire Sylvia :
230 poèmes en ligne
The Bell Jar a été traduit en français sous le nom La Cloche de détresse
les Journaux ont été traduits par Christine Savinel chez Gallimard ; ils sont forcément purgés, puisque parus avant l’édition « complète » américaine de 2000 qui fait autorité (Anchor Books, édition établie par Karen Kulkil de Smith College), mais c’est toujours plus fiable que l’édition dite des Carnets Intimes de 91, découpée n’importe comment…
Françoise Morvan et Valérie Rouzeau ont traduit Winter Trees etCrossing the water (Arbres d’hiver suivi de La traversée, chez Gallimard)
Ariel a été retraduit récemment par Patricia Godi de l’uni de Clermont-Ferrand, qui organise à l’automne un colloque sur les femmes-poètes du XIX° au XXI° siècle
à voir aussi, le bouquin de Sylvie Doizelet : La terre des morts est lointaine : Sylvia Plath, chez Gallimard
– eh bien, c’est tout pour cette nuit.

« I know pretty much what I like and dislike ; but please, don’t ask me who I am. » (SP, Unabridged Journals)

Libellés : 

:: mis en ligne par O., 06:23 | link | 

22.3.07

radiophelia tango

« pour la peine« , j’ai rajouté :
14 – Narcotango – Plano Secuencia
15 – Narcotango – Otra Luna
16 – Gotan Project – Queremos Paz
17 – Juancarlos Cacérès – Tango Negro

la délicieuse Laura me signale que les paroles de La cerveza del pescador Schiltigheim du Cuarteto Cedrón sont ici
moi je pense qu’il est tout à fait sain de regarder encore une autre vidéo du couple infernal Chicho et Eugenia à la Cite Tango, ou sinonplus classique, mais toujours splendide : Natasha Poveraj (quelle joie)
et puis, parfaitement suranné, le petit film d’animation en tus brazos.
et ok j’avoue, il m’est arrivé de tenir un tangoblog

:: mis en ligne par O., 14:43 | link | 

19.3.07

radiophelia, nouvelle playlist 

the jesus and mary chain évidemment (c’est obsessionnel), un peu de couleur locale (les rabbits, jeanne cherhal), barzin à la folie, il faut absolument visiter leur site et acheter leurs disques, quelques trucs tendres (ma passion pour dean wareham), toujours cat power, toujours holden, asobi seksu pour le fun (via somafm), boris vian pur et par le biais d’eiffel (ce garçon fait les plus jolis « r » de la terre), new model army troublant et entêtant (merci), scott walker (merci J) et orson welles (merci K), ça ira pour le moment, un peu triste un peu tendre pour cet étrange mois de mars.

1 : the jesus and mary chain & hope sandoval : perfume
2 : the jesus and mary chain & sister vanilla : moe tucker
3 : the jesus and mary chain : here comes alice
4 : the little rabbits : dans les bras d’une autre
5 : the little rabbits : sur le canapé
6 : kat onoma : la chambre
7 : barzin : let’s go driving
8 : barzin : just more drugs
9 : barzin : my life in rooms
10 : barzin : past all concerns
11 : boris vian : définition de la ‘pataphysique
12 : explosions in the sky : memorial
13 : galaxy 500 : ceremony (joy division cover)
14 : luna : bewitched
15 : the clientele : house on fire
16 : jeanne cherhal : voilà
17 : robert desnos : description d’un rêve
18 : cat power : the greatest
19 : holden : ce que je suis
20 : jeff buckley : so real
21 : noir désir : elle va où elle veut
22 : my bloody valentine : sometimes
23 : the jesus and mary chain : just like honey
24 : the doors : love her madly
25 : jimi hendrix : voodoo child
26 : man ray : interview
27 : massive attack : risingson
28 : asobi seksu : thursday
29 : gary jules : mad world
30 : eiffel : je voudrais pas crever
31 : new model army : family life
32 : scott walker : it’s raining today
33 : benny golson : whisper not
34 : orson welles

:: mis en ligne par O., 00:21 | link | 

11.3.07

« Anger is the political sentiment par excellence. Anger concerns the inadmissible, the intolerable, and a refusal, a resistance that casts itself from the first beyond all it can reasonably accomplish — to mark forth the possible ways of a new negotiation with what is reasonable, but also the ways of an intractable vigilance. Without anger, politics is accommodation and influence peddling, and to write of politics without anger is to traffic with the seductions of writing. »
Jean-Luc Nancy, La Comparution (1991)

j’ai bien une théorie plus ou moins étayée comme quoi Nancy et Derrida and the like sont plus faciles à lire en anglais qu’en français, ça n’excuse pas qu’il faudrait que je trouve l’original… (allo Florian ?)

pour les courageux : the internet encyclopedia of philosophy
sinon on peut aussi se déconstruire en écoutant Silencio (« ambiant post-rock perfect companion for your nightly drifts towards the land of dreams »)

:: mis en ligne par O., 16:14 | link | 

15.2.07

l’alliée et l’ennemie, c’est l’image4 émissions sur les Mythologies de Barthes dans la Fabrique de l’histoire, à écouter d’urgence (surtout le #3, avec une interrogation sur la représentation des usages d’internet)
à écouter aussi le vin et le lait, le bifteck et les frites sur Incipit (journal audio de lectures à voix haute)
à lire : un extrait de La nouvelle Citroën sur le Désordrecar, comment ne pas penser Saint Roland Barthes priez pour nous ! en lisant Elle (chez le dentiste) ?des pin-ups, des bimbos, des généalogies quasi shakespeariennes pour des soap opéras de trafic d’influence, cette supposée couche de vernis critique qui ne cache que si mal sa propre bêtise (il faut tout acheter, tout avoir, tout être, être l’image à la place de l’image)… cet intolérable orientalisme (la femme non-occidentale est « belle », ça devrait lui suffire)… et ça crache contre Royal (c’est à la mode), ça badine avec Bayrou (c’est à la mode aussi), ça se tait consciencieusement sur Sark… (je refuse de prononcer son nom en entier), ça se cache le minois poudré sous des reportages sur les petites travailleuses chinoises, mais n’oubliez pas le dernier slim façon suédoise ou la petite robe Balanciagga, pour les fêtestant de bêtise est addictif
on se rêve icône glam-rock devant la glace de la salle de bain (plus Dita von Teese que Mischa Barton, of course)

moi je comprends rien, je suis restée coincée à une époque où l’image de référence en matière de « beauté officielle » s’appelait Cindy, Claudia, Elle ou Naomi – c’était leur boulot, point barre – maintenant cette rafale de petites pestes, filles à papa beurrées aux UV, et qui traînent dans des séries télé, des films aux intrigues ahurissantes (il y a deux bonnes femmes qui échangent leurs maisons de campagne, une autre tue des zombies, voilà)

et lisant les pages cuisine… oh tout cela a déjà été dit (mais le texte reste introuvable en ligne, j’y remédierai)

ce qui m’amuse follement, c’est la teneur fin de siècle des photos (de mode comme de cuisine, même lieu clos de la femme), des photos huysmansiennes, décadentes au possible, eros/thanatos j’en passe et des meilleures, genre chlorotiques au bord de la crise de nerfs dans des décors d’orchidées sauvages et fausse fourrure, cela en revanche n’est pas pour me déplaire (mais je suis perverse sur ce point : j’aime ce qui se déchiquète).

:: mis en ligne par O., 17:18 | link | 

5.2.07

merci

l’anthologie permanente tenue par Florence Trocmé sur Poezibao (on peut s’y abonner) et puis son Flotoir

:: mis en ligne par O., 20:34 | link | 

toute la bataille qu’il reste à mener

women’s travel writing (1830-1930) : textes en ligne sur le site de l’Université du Minnesota.
dans un possible équivalent francophone, on met quoi ? la relation du voyage d’Espagne de la mère Aulnoy ? (allez, ses contes sont splendides)

cela étant, je suis inquiète, et ouverte à toute suggestion de lecture…

(merci toujours à K. pour son no place for a lady)

:: mis en ligne par O., 19:15 | link | 

31.1.07

:: mis en ligne par O., 01:02 | link | 

« J’aime le nom de décadence tout miroitant de pourpre & d’or. » (Verlaine)tout y est : la femme naturellement perverse, l’esthétique fin de siècle, l’ambiguité des préférences sexuelles (très distrayant de la part d’un « inverti » déclaré), et toujours ce miroir dangereux du rêve de la peinture, avec l’éternel délire post-preraphaélite sur la glauquissime noyée de service (hum, hello), il est amusant d’ailleurs de sentir comme l’homme mourant d’une image (Claudius) et la femme dangereuse (Lady Ethereld) de ce court texte de 1893 préparent l’arrivée de Sir Claudius Ethal, le peintre mortifère de Monsieur de Phocas (1901)… les noms même de la Lady et du peintre ne sont-ils pas à mourir de rire, sous la plume d’un étheromane invétéré auteur des très perturbants Contes d’un buveur d’éther… ?

à contempler donc, l’Ophelius, de Jean Lorrain sur la petite bibliothèque hétéroclite de miscellanées.

et aussi, fastoche, sur le même site, les Similitudes de Huysmans, pour remettre en marche la très embaumée machine contre-nature (cette obsession de la frangipane…!) de ce cher Des Esseintes

(pour ceux qui débarquent : un petit florilège décadent.)

mes préférences me perdront.

:: mis en ligne par O., 00:22 | link | 

26.1.07

absolument éberluée par les vidéos des stars like fleas des concerts à emporter de la blogothèque
merci manur !

:: mis en ligne par O., 00:47 | link | 

22.1.07

bloc-note Segalen, 2

« Je t’ai dit avoir été heureux sous les Tropiques. C’est violemment vrai. Pendant deux ans en Polynésie, j’ai mal dormi de joie, j’ai eu des réveils à pleurer d’ivresse du jour qui montait. Les dieux du jouir savent seuls combien ce réveil est annonciateur du jour et révélateur du bonheur continu que ne dose pas le jour. J’ai senti de l’allégresse couler dans mes muscles ; j’ai découvert Nietzsche ; je tenais mon oeuvre ; j’étais libre, convalescent, frais et sensuellement assez bien entraîné. J’avais de petits départs, de petits déchirements, de grandes retrouvées fondantes. Toute l’île venait à moi comme une femme. Et j’avais précisément, de la femme, là-bas, des dons que les pays complets ne donnent plus. »

Lettre de Segalen à Henry Manceron
(je n’ai pas la date exacte, je l’ai trouvée citée dans le bouquin de Claude Courtot, je crois qu’elle date de l’époque où Segalen vit en Chine mais whaouh, quelle splendeur !)

***

Paris, 11 décembre 1908

De l’exotisme comme une Esthétique du Divers.
Introduction : la notion d’exotisme. Le Divers.

Avant tout, déblayer le terrain. Jeter par-dessus bord tout ce que contient de mésusé et de rance ce mot d’exotisme. Le dépouiller de tous ses oripeaux : le palmier et le chameau ; casque de colonial ; peaux noires et soleil jaune ; et du même coup se débarrasser de tous ceux qui les employèrent avec une faconde niaise. Il ne s’agira donc ni des Bonneteau, ni des Ajalbert, ni des programmes d’agences Cook, ni des voyageurs pressés et verbeux… Mais par Hercule ! Quel nauséabond déblaiement !
Puis, dépouiller ensuite le mot d’exotisme de son acception seulement tropicale, seulement géographique. L’exotisme n’est pas seulement donné dans l’espace, mais également en fonction du temps.
Et en arriver très vite à définir, à poser la sensation d’Exotisme : qui n’est autre que la notion du différent ; la perception du Divers ; la connaissance que quelque chose n’est pas soi-même ; et le pouvoir d’exotisme, qui n’est que le pouvoir de concevoir l’autre.

Victor Segalen, Essai sur l’exotisme : une esthétique du divers (Fata Morgana, p.22-23)

voir aussi l’article Exotisme sur le DITL
:: mis en ligne par O., 00:01 | link | 

17.1.07

spéciale dédicace

« La FUITE (c’est là une raison personnelle pour écrire ce livre). Pourquoi ne puis-je tenir en place quand je suis resté au même endroit pendant un mois, pour devenir carrément insupportable au bout de deux? (Je suis, je dois l’admettre, un cas difficile) »

Bruce Chatwin, Anatomie de l’errance

voir un après-midi chez Chatwin
et Chatwin ou la pensée nomade
de JL Bitton (Lord Patchogue forever !) sur le très bon siteChroniques Nomades

:: mis en ligne par O., 00:07 | link | 

16.1.07

dans la série « j’aime bien les types qui mettent les voiles » : bloc-notes Segalen

Equipée en ligne ici
Stèles ici et ici avec des fonctionnalités amusantes (on peut considérer la lemmatisation comme un truc amusant)
biographie et bibliographie

j’en profite pour signaler le projet dmoz : « L’Open Directory Project est le plus grand et le plus complet des répertoires du Web édités par des êtres humains. Il est développé et maintenu par une vaste communauté mondiale d’éditeurs bénévoles. » ça a l’air tout à fait laid, mais je viens d’y trouver (complètement au hasard objectif) le genre de site que j’adore :D’orient et d’occident : « La communauté virtuelle des pèlerins d’Orient, des admirateurs de Novalis et de tous les amateurs de rêves, de poésie, d’aventures intérieures, de peuples oubliés et d’écrivains nomades. »

je m’en vais donc m’orientaliser.

:: mis en ligne par O., 22:28 | link | 

24.12.06

ce blog soutient activement le journal de JP, malgré son goût incompréhensible pour les filles en fil de fer lisses (nous nous comprenons).

et s’il suit à la trace les explorateurs du Nouveau Monde, j’ai de mon côté embarqué depuis longtemps avec les flibustiers…

à voir donc, Le Diable Volant, et l’excellent Figures de Proue : un dictionnaire biographique de la flibuste (1648-1688)
ainsi que le bouquin de Gilles Lapouge : Pirates, boucaniers, flibustiers et autres gueux de mer (trouvé place Viarme, sous la pluie, avec le bouquin de Michel Le Bris : D’or, de rêves et de sang, quand L me parle d’Henry de Monfreid et que je pense au bon visage d’Yves Pinguilly me disant : « Le quai de la Fosse, c’est le début du monde moderne ! »)

:: mis en ligne par O., 00:39 | link | 

:: mis en ligne par O., 00:01 | link | 

6.12.06

mes nuits d’amour et de haine avec Borges…

les inepties impardonnables :

– I’m not fond of Lorca. Well you see, this is a shortcoming of mine, I dislike visual poetry. He is visual all the time, and he goes in for fancy metaphors. But, of course, I know he’s very respected. I knew him personally. He lived a year in New York. He didn’t learn a word of English after a year in New York.. Very strange. I met him only once in Buenos Aires. And then, it was a lucky think for him to be executed. Best thing to happen for a poet. A fine death, no? An impressive death.

les ambiguités :

– Well, you see, I think of myself as being an ethical man, but I don’t try to teach ethics. I have no message. I know little about contemporary life. I don’t read a newspaper. I dislike politics and politicians. I belong to no party whatever.

les splendeurs :

– Well, I think as Kipling said, « There are nine and sixty ways of constructing tribal laws,/ and-every-single-one-of-them-is-right. »- and that may be one of the right ways. But mine is not at all like that. I get- it’s some kind of relation, a rather dim one. I’m given an idea; well, that idea may become a tale or a poem. But I’m only given the starting point and the goal. And then I have to invent or concoct somehow what happens in between, and then I do my best. But generally, when I get that kind of inspiration, I do all I can to resist it, but if it keeps bothering me, then I have to somehow write it down. But I never look for subjects. They come to me in a cage, they may come when I’m trying to sleep,or when I wake up. They come to me on the streets of Buenos Aires, or anywhere at anytime. For example, a week ago I had a dream. When I awoke- it was a nightmare- I said, well, this nightmare isn’t worth telling, but I think there’s a story lurking here. I want to find it. Now when I think I found it, I write it within five or six months. I take my time over it. So I have, let’s say, a different method. Every craftsman has his own method, of course and I should respect it.

in Artful Dodge, 25 avril 1980.

plus tard…

en relisant ce passage complètement ahurissant sur Garcia Lorca je me dis que plutôt que les entretiens du « génie » de la littérature argentine (au secours Cortázar, au secours Bioy Casares, au secoursAlejandra Pizarnik…!!!), il vaut mieux encore lire les conseils de tango de Maleva : advice for busty women !

 » They say in Argentina the women are not afraid to put their chest on the man. Which means, they never collapse inside themselves. Always keep your lower ribs lifted when you dance. You might feel like you’re sticking your bosom out too much at first if you’re not used to it, but that’s good tango posture (and good posture for life too!). « 

juste pour clore le chapitre borgésien :
les traverses pour autonautes, site labyrinthique « à l’ancienne » et joyeusement bordélique, j’adore (on y trouve aussi Cortázar, et mille surprises un peu kitsch)
the garden of forking paths (la très complète page sur Borges de The Modern World)
un entretien pas trop bête pour le Magazine Littéraire (juin 1977)
les textes des milongas qu’il a écrites (ah si je pouvais plutôt remettre la main sur le texte de Juan Cedrón : La Cerveza del Pescador de Schiltigheim…)

je n’y résiste pas : à écouter sur la radiOphelia spécial tango… ! (pop-up, en haut à gauche)

Cuarteto Cedrón : Caballitos de Madera
Cuarteto Cedrón : La Cerveza del Pescador de Schiltigheim
Carlos Gardel : Milonga Sentimental
Roberto Goyeneche : Por una Cabeza
Otros Aires : Sin Rumbo
Carlos Gardel : Volver 
Astor Piazzolla : Tristeza, Separación 
Gotan Project : Una Musica Brutal
Gotan Project : Triptico
Astor Piazzolla, Roberto Goyeneche & Adriana Varela : Balada para un Loco
Miguel Caló : Margo
Tanguetto : El Solitario
Jean Lumière : Vous, qu’avez-vous fait de mon amour ?

note 1 : Caballitos de Madera est une mise en musique du poème d’Antonio Machado.
note 2 : les chansons du Cuarteto Cedrón me font pleurer comme une madeleine. la Tristeza, Separación de Piazzolla est, de très loin, la chose la plus horriblement déprimante que j’ai jamais entendue. cela étant, c’est la beauté limpide du tango, « la pensée triste et qui se danse » – car tout se danse.

:: mis en ligne par O., 07:35 | link | 

7.11.06

la fille qui lit des trucs bizarresle saute-mouton de Mansfield à Orton du précédent message m’aura donc amenée à découvrir l’étrangeté morbide et délicieuse la plus digne de ce grand automne atlantique : Arthur MachenLe beau catalogue de Tartarus Press présentait plusieurs rééditions aux titres alléchants (The Hill of Dreams ; The Three Impostors or The TransmutationsTales of Horror and the Supernatural…), j’y pensais et j’oubliais et c’est le vieux sacripan de Borges qui vient de m’y ramener : « Arthur Machen n’a presque jamais écrit pour étonner autrui ; il l’a fait parce qu’il se savait habitant d’un monde étrange. » effectivement. des ombres montent au créneau et descendent sans relâche dans le monde de Machen, des ombres rouges aux mains de Jack l’Eventreur, errantes, sordides, creusant la ville de Londres dans une perpétuelle esquisse de psychogéographie qui n’est pas sans rappeler par ailleurs les promenades sensibles de Peter Ackroyd

donc, pour les belles nuits d’hiver qui s’annoncent, et si l’on n’a pas froid aux yeux, je recommande la lecture d’un des auteurs les plus glauques de la littérature fin de siècle britannique : c’est souple, et nuit, et velours noir et magma de chairs vives dans des forêts profondes, ça descend comme une main étrangère dans le dos, et tout ce qu’il faut savoir se trouve sur le site des Friends of Arthur Machen

edit : F. me signale qu’en plus d’avoir été portée aux nues par Borges qui la faisait figurer dans sa fameuse et idéale Bibliothèque de Babel, l’oeuvre de Machen a eu une influence somptueusement sombre sur le travail de Lovecraft… moi tout ce que je peux en dire c’est que je ne faisais pas tout à fait la maligne en lisant The Black Seal tout à l’heure dans mon bain…

biblio :
une compilation de liens vers les textes en ligne en anglais
quelques bonnes traductions chez Terre de Brume, collection Terres fantastiques

:: mis en ligne par O., 01:33 | link | 

6.10.06

petites décadences

en cherchant un exemplaire du Last Romantic de Michael Orton dont Katherine Mansfield reproduit ou réécrit des passages dans sonJournal, je m’amuse beaucoup sur la page News & Trivia de la boutique de livres rares et d’occasion Any amount of books… on y trouve, entre autres :

* la liste des synonymes utilisés par Amanda Ros pour désigner les critiques littéraires…
« Apprentices to the scathing trade Auctioneering agents of Satan Brain-blighters Brain-bruisers Character-clipping-combination Clay-crabs of corruption Conglomeration of braying opinions Cornerboy shadows of criticism Critic cads Critic Crabs Critic Curs Crowdrops Crows Denunciating Arabs Drunken ignorant dross Egotistical earth-worms Egotistic atoms Evil-minded snapshots of spleen Gang of drunken swags Gas-bag section Genius-beetlers Genius-scathers Half-starved upstarts Hogwashing hooligans Intelligibles of bad-breeding Maggoty numskulls Maggoty throng Mushroom class of idiotics … »(c’est goûteux)

* un calcul plutôt rigolo du nombre d’occurences des noms de certains bons camarades dans google : (31 occurences pour Cravan en 1997, 2450 en 2004…)

et des liens vers le délicat et très décadent catalogue de Tartarus Press… et The Lost Club.

pour virevolter encore, un morceau biographique sur « l’Amazone » Natalie Clifford Barney, qui par ailleurs fait tout à fait abstraction de son influence sur Marina Tsvétaeva… et sur l’intriguant bouquin que Tsvétaeva écrivit en réponse à sa lecture des Pensées d’une Amazone ; bouquin qu’elle écrivit en français en 1932 et qui ne fut publié aux éditions du Mercure de France qu’en 1979, sous le titre de Mon frère féminin.

plus sur Natalie Barney sur le site créé par sa biographe.
une page sur l’étrange Temple de l’Amitié de NCB, caché entre la rue Jacob et la rue Visconti…
à noter aussi (ça n’amuse que moi), que Mina Loy figure dans leWho’s who des habitués de son salon…

« Je ne m’explique pas, je m’obéis. »
NCB, Éparpillements
:: mis en ligne par O., 06:04 | link | 

22.9.06

et toujours mettre les voiles

car toujours on ne pense qu’à ça
pour se nourrir, le site du Centre de Recherche sur la Littérature des Voyages (avec un forum et une encyclopédie sonore…)
impossible pourtant de trouver une définition de la dromomanie, saufen anglais et c’est joli : « a travelling fugue« , ce qui nous ramène à Ian Hacking et son bouquin des « Fous voyageurs »… et à l’exemple d’Albert Dadas, employé du gaz des années 1880 saisi par cette nécessité sublime de la fuite (et qui eut le bon goût d’aller, entre autres destinations, jusqu’à Nantes)

on consultera aussi l’article Voyage Nomadisme Tourisme d’Olivier Dubuquoy, ou celui de Rodolphe Christin, intitulé Conscience Transversale, sur la page Carnets de Voyage de la Revue des Ressources

ce qui est extraordinaire c’est aussi la faim de vivre et d’avancer de Giulia, et ses périples hors-pistes dans les Balkans

à noter encore : à Clermont en novembre, la 7ème Biennale du Carnet de Voyage

tout le monde est bien sûr au courant qu’il existe une sublime édition des oeuvres complètes de Cendrars, présentée par Claude Leroy et parue chez Denoël ?

fin des émissions pour cette nuit.

:: mis en ligne par O., 05:50 | link | 

11.9.06

:: mis en ligne par O., 14:21 | link | 

27.6.06

girls + 1

au tendre milieu des filles de la radiOphélia évidemment J.A.

la jeune sauvage n’oublie pas ses refuges.

:: mis en ligne par O., 02:02 | link | 
:: mis en ligne par O., 01:25 | link | 

31.5.06

Büyükada was just a dream

c’est Anita que j’aime
Anita qui me rassure

vivre entière dans sa peau…

:: mis en ligne par O., 00:18 | link | 

30.5.06

alright dolly je vais arrêter d’écouter Kate Bush en boucle.

du bleu pour le blog d’O,
c’est la mer à Büyükada,
c’est la mer dans mes rêves, c’est…
falaise blanche, comme je vois
des algues plein la bouche
une fille sur la plage, elle joue les naufrageuses
et moi ?

je voudrais bien lire mon avenir dans la fonction aléatoire d’Itunes,
on ne peut pas dire que ça marche vraiment
alors pour le moment

dans la mélancolie playlist de filles, c’est la radiOphelia (cliquer en haut à gauche)

billie holiday – blue moon
paula morenlenbaum – o grande amor
bebel gilberto – samba da benção
cat power – love and communication
elastica – 2:1
elysian fields – stop the sun
erykah badu – I want you
fiona apple – shadowboxer
gotan project – una musica brutal
holden – ce que je suis
hooverphonic – mad about you
ladytron – true mathematics
lhasa – el desierto
liz phair – Johnny Feelgood
lush – ladykillers
magali noël – fais moi mal Johnny
maria bethânia – as canções que você fez pra mim
marylin monroe – diamonds are a girl’s best friends
murat et jennifer charles – monsieur craindrait les demoiselles
natalie merchant – ophelia
nina simone – lilac wine
barbara – parce que (je t’aime)
pj harvey – love too soon
portishead – all mine
siouxsie and the banshees – peek a boo
the dresden dolls – girl anachronism
this mortal coil – song to the siren

:: mis en ligne par O., 20:57 | link | 

19.5.06

logo RESF

« Alex (10 ans) a appris par coeur un numéro de téléphone. Si des agents tentent de l’arrêter, il doit partir en courant, puis appeler ce numéro. Quelqu’un viendra le chercher. »
Libé

:: mis en ligne par O., 11:58 | link | 

24.4.06

:: mis en ligne par O., 16:02 | link | 

audio ammunition

arsonore.net
et retrouver desnos, et man ray (« the world is full of wonderful craftsmen, but there are very few practical dreamers« ), et kurt schwitters, et sublime !raoul hausmann, interview imagée avec les lettristes sur ubu.com
mais oui bien sûr, les bidouilles d’antoine hummel

mademoiselle O aime le Grand Jeu et the Edward Saïd Archive
iGod, pas trop
nine muses sur electroasylum
sprezzatura, toujours là
Jacques Rigaut : « Je serai un grand mort » surt arteradio, via le très aimé BlogRigaut
et cherchant chéri Pieyre de Mandiargues voilà sur quoi j’arrive, attention je cite :

« pointscommuns.com
le site de rencontre par affinités culturelles

+ de 750000 objets culturels pour se définir »

je préfère m’en aller avec le tout premier venu

hello there

on a retrouvé dali. (avec de chouettes chaussures)

:: mis en ligne par O., 03:12 | link | 

13.3.06

« Es necesario no asustarse de partir y volver”

une page où écouter la terrible cantate Le Chant du coq du Cuarteto Cedrón.

il faut il faut il faut que je mette La Cerveza del pescador Schiltigheim surles chemins de traverse.

c’est tout ce que j’ai à dire.

:: mis en ligne par O., 04:11 | link | 

9.10.05

pense-pas-bête

quelques outils de traduction :

dictionnaire sémantique anglais/français
onelook réoriente sur des dizaines de dictionnaires anglophones
wordreference : anglais/français/espagnol/italien et d’excellents forums
le dictionnaire multilingue de la Commission Européenne, très technique
et une liste de liens utiles…

et aussi :

a ring of languages and linguistics
who’s afraid of finnish ?
apprendre l’esperanto.
poesia erotica (en portugais)
lexilogos, incontournable
pour le japonais : kanjifichesdictionnairetests et le reste
et le Trésor de la Langue Française Informatisé

:: mis en ligne par O., 23:38 | link | 

26.9.05

de temps à autre je me rappelle que ce machin existe.

et je me demande si, quand même, ça peut être un tant soit peu utile ?

Deux écrivains face à la justice 

Deux écrivains condamnés en première instance le 31 août par le tribunal de Montpellier à 6000 euros d’amende et de frais de justice pour avoir diffusé un témoignage sur des violences policières.

La scène, hélas, est devenue presque ordinaire : un citoyen assiste par hasard dans la rue à l’une de ces interventions policières que l’on dit « musclées » : S.D.F à terre, le visage en sang, badauds aux fenêtres et forces de l’ordre aux abois. Indigné par tant de violence inutile, il juge opportun de dire tout haut ce qu’il en pense, avec calme, mais fermeté. Comme il refuse de « circuler », on le menotte, on l’embarque au commissariat, on le fouille au corps, il passe la nuit dans une cellule sur une planche en bois. Au matin, on l’inculpe pour outrage à agents, non sans le « charger » au passage pour des insultes qu’il se défend d’avoir prononcées.

C’est ce qui est arrivé, le 28 avril 2004, à l’écrivain Brice Petit, directeur de la revue Moriturus , jeune professeur agrégé de Lettres, apprécié de sa hiérarchie pour son sérieux et sa rigueur.

Dès le lendemain, de retour chez lui, il rédige un compte rendu acéré des faits qu’il diffuse par mail à ses amis et connaissances. Un collectif se constitue, qui appelle à soutien.

Recevant, comme des centaines d’autres, ce témoignage si troublant, j’ai décidé spontanément de le publier, tel quel, sur ce site web, pour contribuer à le faire connaître. Sans se concerter, une vingtaine d’autres sites font de même.

Quelques mois plus tard, sans que le moindre avertissement préalable me soit parvenu, je me suis vu brutalement cité à comparaître, ainsi que Brice Petit, pour diffamation. L’un des policiers mis en cause avait découvert par hasard sur internet le texte où figurait son nom : à titre de document, pour appuyer ses dires, Brice Petit avait cru bon de faire figurer l’intégralité du procès verbal dressé à son encontre, sans biffer le nom des trois fonctionnaires ayant déposé contre lui…

L’affaire a été jugée le 9 juin 2005 et le verdict vient juste de tomber : Brice Petit est relaxé du grief d’outrage, mais condamné, ainsi que moi-même, pour diffamation, à 3000 euros d’amende et de frais de justice. Cruelle et curieuse sentence, qui tout à la fois désavoue et ménage la police ! Les témoignages convergents cités à l’audience par la défense de Brice Petit auraient-ils semé le doute dans l’esprit des juges ?

Les policiers font appel, désireux sans doute de sanctions plus lourdes et de « compensations » financières plus substantielles. Le parquet suit, bien qu’il eût demandé à l’audience des peines moins sévères que celles prononcées. Pot de fer contre pot de terre, quel espoir le combat juridique qui s’engage laisse-t-il à ceux qui n’ont cherché à humilier perso nne mais simplement voulu faire preuve d’un esprit de responsabilité et de solidarité, en rapportant des faits singuliers dans le seul but d’inciter à la réflexion commune ?

Ceux qui visitent régulièrement ce site web afin d’y recueillir des documents critiques sur la poésie moderne et contemporaine savent sans doute qu’il n’a rien d’un brûlot et que l’esprit de mesure y prédomine. (Je n’y ai d’ailleurs laissé en ligne que très peu de temps ces pages.)

S’il me faut expliquer à nouveau ce geste d’engagement soudain, je dirai simplement que pour un intellectuel la légitime révolte contre les abus de pouvoir, ainsi que l’esprit de solidarité sont parfois plus forts que la frilosité.

C ’est l’honneur de ceux qui écrivent et publient que de ne pas passer sous silence des témoignages où leur propre pratique assidue de la lecture, de la critique et de l’écriture, en vient à discerner des accents de sincérité et de vérité assez convaincants pour qu’il soit alors de leur devoir moral de les faire connaître.

N’est-ce pas la liberté d’expression, le devoir moral d’engagement, l’esprit de solidarité et de responsabilité que frappe par contrecoup ce jugement ? N’y a-t-il plus de place dans notre société pour autre chose que la dureté inflexible de la loi ?

Nous savons que la société reconnaît aux journalistes un droit à la diffusion de l’information et à son commentaire. Cela confère à leur action la force d’un contre-pouvoir salutaire. Les médias auxquels ils sont liés par contrat les protègent. Leur carte de presse est un précieux sésame… Rien de tel pour l’écrivain devenant à l’occasion « webmaster » : il fait seul ses choix, sans protection ni secours. Ni jurisprudence, ni structures éditoriales, ni association, ni société de presse ayant pignon sur rue ne le garantissent des rigueurs juridiques. Il agit selon son esprit de responsabilité propre, en s’en remettant à son jugement perso nnel et à son intime conviction. Il n’a, pour se défendre, que sa plume et son clavier.

Les réflexions auxquelles invite ce pénible procès outrepassent largement l’affaire en cause et ses protagonistes.

C’est pourquoi j’appelle toutes celles et tous ceux qui ne restent pas insensibles à cette cause à manifester à la fois leur inquiétude et leur soutien.

Jean-Michel Maulpoix

Le 9 septembre 2005

Source: http://www.maulpoix.net/justice.htm
Relayé par Sitaudis :
http://www.sitaudis.com/Excitations/deux-ecrivains-face-a-la-justice.php

via fantomas media my darling

:: mis en ligne par O., 04:41 | link | 

15.6.05

« preemptive nostalgia
is noting with added care certain mundane aspects of the place you’re about to leave, for fear you should you not find them in the place you’re going. »

sur P L & Rn’R

:: mis en ligne par O., 23:46 | link | 

24.2.05

Images inconscientes

fondé dans les années 50 dans le cadre de l’hôpital Eugenho de Dentro à Rio de Janeiro, le Museu de Imagens do Inconsciente (Musée des Images de l’Inconscient) expose les peintures et sculptures des patients schizophrènes accueillis dans son service de thérapeutique occupationnelle, et les oeuvres (plus de 350 000 !) sont… étonnantes.

on se nourrira aussi volontiers, en corrélat et en vrac, de la page del’année du Brésil en France sur l’art et la psychiatrie au Brésil, du site des oeuvres de CG Jung en langue française(faire le tri), d’un site surles mandalas, et d’un site sur Antonin Artaud.

(saudade do brasil…)

mise à jour : pour la première fois en France les tableaux du Musée des Images de l’Inconscient (Carlos Pertuis, Emygdio de Barros, Fernando Diniz, Raphael Domingues, Darcilio Lima, Adelina Gomes, Lucio, ou Octavio Ignacio) et du Musée Arthur Bispo do Rosário seront exposés du 12/09/2005 au 19/02/2006 à la Halle Saint-Pierre, 2, Rue Ronsard – 75018 Paris (tel : 01 42 58 72 89)

:: mis en ligne par O., 10:59 | link | 

10.10.04

les suceuses de sang

ça n’est pas la première fois, pas la dernière sans doute non plus, si encore il s’agissait d’un plagiat je pourrais faire semblant de trouver cela drôle, mais là, c’est le sang même qu’on est venu me chercher à la gorge.

des copiés-collés en veux-tu en voilà, des pages entières de mon journal reficelées au petit bonheur (jusqu’à mes délires amoureux sur Cravan) et refourguées sous l’égo sulfureux d’une autre…

c’est ça, le prix à payer pour avoir tout donné ?

quel dégoût.

:: mis en ligne par O., 01:32 | link | 

19.8.04

Body war

Bodywear, Coco kit; great loose coat tied at the waist like Garbo or Bacall, over scoop-necked cocktail dress. Transparent organza top, super-fluid cuts, electric colours, snake-print leather skirt, python bustier and tick tock chopard. Maximum house style: fine vintage orDynasty redux. Soft La Perla lining under Versace exoskeleton: slim, sculpted and rib-crushingly tight. Primary warpaint; two black dots, red slash, on white wall, with blusher tint. Hair: rich chocolate with wedges of burnished apricot. Sucking Monroe lips; bitten, bitter.Vogue Italia: she doesn’t understand a word.

(…)

Mother Pasidee of Sienna ripped her flesh with branches of juniper and holly and doused her wounds with vinegar and salt.

Citta Violenta (en cherchant la photo rouge sur rouge de Guy Bourdin)

:: mis en ligne par O., 02:37 | link | 

Argentina, maté amer dans les nuits noires, tangos de Piazzolla, Borgès m’indiffère, je rêve sur Cortazar…

« Je décris, je définis et je désire ces fleuves, elle les nage. »

Julio Cortazar, Marelle

« Le futur de mes livres ou des livres d’autrui est le cadet de mes soucis… Un véritable écrivain est quelqu’un qui tend l’arc à fond tandis qu’il écrit et qui le suspend ensuite à un clou pour aller boire un verre avec ses amis. La flèche est bien en route dans l’air, et se plantera ou non dans la cible; seuls les imbéciles pourront prétendre modifier sa trajectoire ou courir après elle pour lui donner de petites impulsions supplémentaires en lorgnant du côté de l’éternité… »

Julio Cortazar, cité par Karine Berriot in Julio Cortazar l’enchanteur

:: mis en ligne par O., 00:54 | link | 

17.11.03

ce monstre révolutionnaire a pour nom la multitude, à écouter sur le site de la radio suédoise SRc, « a radio for art, culture and ideas – a channel which rather produces than reviews cultural content, broadcasting an array of new programs/works by radio explorers and artists, as well as handpicked gems from the rich program archive at Sveriges Radio (Swedish Radio) ».

on y trouve aussi, en vrac et c’est fou, des enregistrements de l’intérieur de la cathédrale de Sienne, des variations délirantes sur les poèmes de Ginsberg, des promenades sonores, le bruit des villes, des lacs dont la glace se brise, des pas des danseurs sur le sol, et puis de très beaux textes chantés en islandais, en hébreu, en arabe… on peut tout télécharger.

:: mis en ligne par O., 23:32 | link | 

la blogothèque, bien sûr

:: mis en ligne par O., 23:11 | link | 

9.11.03

mais pourquoi, pourquoi, pourquoi est-ce que je ne découvre lestindersticks que maintenant ?!?!

:: mis en ligne par O., 02:20 | link | 

bizarrerie du soir, …

the.final.org, ou, pour y accéder directement :http://hell.com/gateway

:: mis en ligne par O., 02:19 | link | 

jenny holzer
site étrange, sautillant, labyrinthique comme on les aime, quel merveilleux bordel…

:: mis en ligne par O., 02:15 | link | 

8.11.03

my dad’s strip club : subversive performances and art pieces

adbusters : creative resistance

sniggle.net : the culture jammer’s encyclopedia

:: mis en ligne par O., 11:22 | link | 

3.10.03

Nous ne figurons pas dans le paysage 

Juillet 1993

Nous ne figurons pas dans le paysage ; quelque chose de nous, de nos corps-visages-voix-pensées, de nous, sujets accomplissant quelques mouvements de théâtre à l’aide de quelques sujets de théâtre inaccomplis, ne s’y retrouve pas, ne peut s’y tenir, aimerait continuer à s’y dérober.

Et nous allons passer : ce qu’il faudrait se dire.

Nous ne pouvons demeurer là, dans cette vieille fête, il y eut une fête, il y en eut une jadis, dit-on, et même, quelques-uns d’entre nous en étaient, s’y retrouvaient, s’y ressourçaient, voire. Je suis de ceux-là. Je suis allongé il y a longtemps dans le couloir d’un train de nuit ; je dors ; je suis encore assez jeune ; je reviens d’Avignon ; un homme me marche sur le bras ; il dit : Encore un de ceux-là ; il répète : Encore un de ceux-là ; il demande, marmonne : Qu’est-ce qu’ils peuvent bien trouver là-bas, et regardez ça, celui-là, ils acceptent même des types comme ça, là-bas… Plus tard, je reviens, c’est l’hiver et le mistral souffle. C’est bien connu : en Avignon, le mistral souffle souvent. A peine moins que l’Esprit. De Vilar. Tout ça rend fou. C’est bien connu. La ville est morte, l’hiver. C’est bien connu. Rien qu’une ville, et froide, et contournée, pauvre, du côté de la rue du Chapeau-Rouge et alentour. On m’a dit de faire attention — on ne sait jamais, etc. J’y suis revenu l’an dernier, l’été. C’était pareil et même pire dès qu’on pénétrait sous les porches pourris des mêmes rues pas encore trop rénovées. La crise, tout ça… des visages vrais ; tout ça ; des gosses, tout ça ; des petits, des violents, le reste. Pas de fête. Cet hiver-là, il y avait au moins quelque chose, des Gitans, des guitares. Pas de fête non plus. Mais quelque chose, seulement. Ils sont plantés sur les remparts au-dessus de la prison, les Gitans, tout près de la place où ça grouille, l’été. Ils jouent pour un des leurs, là, en bas. Visages aux fenêtres, aux barreaux. La place, déserte. L’hiver, le mistral, les guitares des Romanos. C’est déjà mieux.

Nous ne figurons pas dans le paysage ; la ville est close-ouverte, protégée. Il y a trois clefs qui (sans doute) bouleversent les doctes et les festivaliers. Il y a quelques étendards étendus (les jours de mistral) et une sonnerie de bugles (tous les jours que le festival fait) invitant à quelque commémoration derrière les hauts murs aveugles d’un palais. Ce n’est pas si grave. Un signal. Quelque chose qui devait signifier quelque chose de bien. Un rêve du meilleur. On n’en doute même pas. Le monde est seulement sûrement parti ailleurs. Et rien ne vient qui voudrait pour l’heure s’écarter du monde qui est ailleurs ; rien ne fonde notre désir d’être là et pourtant nous y sommes, là, et revenus, là. C’est ainsi. C’est peu. Nous traversons cette ville vouée à l’incompréhensible commémoration du meilleur qui n’existe plus.
Nul ne figure dans le paysage. Une seule image hante ces lieux, indépassable, évacuée à force, elle-même à force défigurée. Nous y sommes. Nous participons à ce théâtre d’ombre. Nous passons comme chacun passe et c’est assez. L’œil (d’aigle), le nez (d’aigle), le menton (d’aigle) veillent d’un Vilar à sa pauvre fenêtre peinte. Toujours un rêve du meilleur, et c’est encore assez. Nous passons. D’un mur incompréhensible à un autre — le même, à l’autre bout de la ville, incompréhensible tout autant. Nous avons traversé la ville comme d’autres plus courageux marcheurs continuent à en faire le tour. Pour voir. Nous n’avions pas d’épaisseur sous le soleil ; la ville ne nous reflétait pas ; nous supportait à peine. N’y prends pas garde. Avance un peu, marcheur. Il y a des marchands et il y a des acheteurs. Ça au moins ne change pas, demeure. Avance. Demeure. C’est ainsi. Nous y voilà. Voici le Fleuve, voici le pont.

Nous ne figurons pas dans le paysage. Nous passons de l’autre bord du fleuve. C’est bien. Nous avons rêvé il y a peu de jours de partir de Paris à pied et d’arriver à la Chartreuse de Villeneuve-Lez-Avignon à pied. Nous avons éclaté de rire. On voit ça : trente kilomètres par jour, et pas de temps pour nos répétitions. Nous sommes des acteurs, disons-nous, des praticiens. Nous répétons, c’est le moins. Pour le reste, nous avons rêvé. Ça n’a pas beaucoup d’importance : nous ne figurons pas dans le paysage et rêver ne coûte pas grand-chose, de nos jours. On rêve pour nous. On barbouille des pages, rêvant pour nous, des écrans, on barbouille. Tout ça. Nous allons arriver là-haut débarquant d’un train, d’une bagnole, comme à peu près chacun et va-t’en t’y reconnaître, essaie un peu. Tout flou, tout floué de rêve, on sera, de nouveau, toujours, nous aussi. Ça n’est pas si grave. On fera au moins les derniers mètres à pied. On posera les sacs de voyage. On s’inventera comme d’habitude, comme au mieux, un plateau. C’est déjà bien, un plateau dans ce lieu-là. On dira — on dit déjà — un vraiment beau lieu. Un lieu déjà loin. De tout le reste. Un havre. Un peu loin. C’est déjà bien. On va s’y poser. On va recommencer à croire.

De l’autre côté du Fleuve, ça s’anime. Il y a une ville ; il y a des gens que Vilar contemple de sa fenêtre. On est de tout là-haut. Enfermé, on ne peut même pas contempler. On répète, on s’obstine. Viendra vite le quatorze juillet. Puis le quinze on remballera pour que d’autres déballent. Voici les faits : nous ne figurons pas dans le paysage.

Didier-Georges Gabily 
extrait de Notes de travail 
sur la revue en ligne des éditions Actes Sud : positions n°3 : intermittents du spectacle

:: mis en ligne par O., 02:39 | link | 

30.9.03

septembre, en attendant

le Journal change de visage – c’est l’Ophélie folle de John Waterhouse qui vient hanter les pages, et le blanc, le silence, un rouge nouveau, plus vif et plus intransigeant. j’ai traîné tout l’été dans les rues des villes vides, dans les vieux films muets, et puis pour le blog d’O j’ai choisi Lilian Gish – gorge folle où s’en va la rivière – j’ai pensé à Garbo aussi, à Anita Ekberg, à Hedy Lamarr surtout quand elle flotte nue dans l’eau – même impossible mouvement, même corps dansant, l’hystérie érotique dans ses plus beaux achèvements.

:: mis en ligne par O., 05:44 | link | 

7.8.03

arthur cravan, poète-boxeur, homme-éléphant, chevalier de l’industrie, déserteur de tout temps, poseur absolu, neveu de oscar wilde !

– excentriques.com (excellent site qui se dit dédié aux flibustiers de la littérature)

– cravan versus cravan, site du très beau documentaire-fiction d’Isaki Lacuesta

– colossus

:: mis en ligne par O., 23:47 | link | 

SPAM, revue de littérature générale (et plus encore)

:: mis en ligne par O., 23:04 | link | 

30.5.03

en robe de velours nacarat…

lu cet après-midi avec grand plaisir : théophile gautier : la morte amoureuse

également :
en anglais, une comparaison avec quelques thèmes de Dracula
en français, une très bonne page sur la littérature gothique (à la Anne Radcliffe, rien à voir avec les zozos cadavériques qui se promènent dans les cimetières la nuit en t-shirt de marylin manson – on l’aura compris)
et je saisis enfin un peu mieux ce que voulait dire F quand il m’appelait Carmilla (texte original)…

:: mis en ligne par O., 02:44 | link | 

28.5.03

restons intelligents

samizdat
actions-critiques-médias
indymedia paris et international
no pasaran

lautre.net, vers l’hébergement associatif, autogéré et non-commercial

radio libertaire

.

:: mis en ligne par O., 23:00 | link | 

weblogues point com qu’est-ce que c’est encore que ce truc qui me comptabilise dans ses listes alors que je n’ai rien demandé, étale des tas de trucs que je n’ai pas envie de faire savoir et de surcroît m’annonce comme ayant fait une mise à jour du journal (qui n’est pas un blog, screugneugneu) aujourd’hui alors que je n’ai pas écrit depuis samedi ? je ne veux pas être recensée par qui que ce soit, je ne veux pas être surveillée, je n’appartiens à aucun espèce de clan, bottin ou concours débile, mes archives sont bordéliques et tant mieux, je n’ai pas de fil RSS bidule truc et tant pis, mes permaliens font la tronche, j’écris quand ça me chante et je le déclare si je le veux, jusqu’où ira donc cette folie d’organisation systématique du web quand justement son seul charme c’est son désordre parfait ?

:: mis en ligne par O., 20:52 | link | 

7.5.03

et si je faisais mon Service Volontaire Européen …?

:: mis en ligne par O., 14:43 | link | 

3.5.03

crumpled
a month-long experimental writing project, for the month of May 2003. 

anaisinparis.net
très belle page sur anais nin, esthétisée à l’extrême

tarako
ou : esthétique de la lèvre attirante chez brian molko, ryuichi sakamoto, jonathan rhys meyers et mick jagger (je partage l’obsession)

fixion
labyrinthique et surprenant, edwoodien à ses heures, avec uneexcellentissime page de critique de films
curiosité comme j’adore

:: mis en ligne par O., 19:52 | link | 

7.4.03

excellent peace poster
via the glog(half graham, half blog) et oui j’avais déjà un faible pour lui à l’époque

:: mis en ligne par O., 01:33 | link | 

5.4.03

Au-delà du monde étincelant et factice de ses romans, au-delà de ses intrigues sans grande envergure et de ses personnages souvent mal définis et peu convaincants, Fitzgerald nous dit bien plus que ses déceptions intimes ou ses aspirations anodines. Il semble, en effet, qu’à travers ses silences, ses pudeurs, ses révélations à la limite du conscient, ses compositions de personnages aux contours flous, ses histoires dépourvues de détails réalistes et ses angoisses sans fondement apparent, il suggère des zones d’ombre et une fracture qui sont le lot de tout un chacun. Certes, son oeuvre se nourrit d’une fêlure qu’il dit personnelle, cependant plus qu’une brisure intime et individuelle, il s’agit bien d’une véritable « nuit de l’âme » qui dépasse l’écrivain et dit intensément l’être et l’univers bouleversé auquel il s’affronte. Elle devient, de la sorte, le fondement essentiel d’une oeuvre aux échos universels qui transcende les vaines préoccupations de l’auteur. Cioran regrette peut-être que Fitzgerald n’ait pas plus approfondi et exploité son échec dans d’autres essais à l’instar de ceux du Crack-Up plutôt que de se laisser aller à la littérature, mais, de par son côté évasif et profondément suggestif, cette écriture romanesque n’est-elle pas justement l’expression intime la plus significative d’une brisure qui n’a rien d’égoïstement personnel car « [le] mal [de Fitzgerald] plonge jusqu’aux sources mêmes de l’affectivité. » ?

F. Scott Fitzgerald ou la plénitude du silence
thèse de doctorat d’Elisabeth Bouzonviller

:: mis en ligne par O., 16:50 | link | 
:: mis en ligne par O., 16:43 | link | 

29.3.03

:: mis en ligne par O., 12:28 | link | 

28.3.03

« moi
je veux des anges
à la pureté inaccessible
comme celle
que j’ai suivie
cet après-midi
de la pharmacie
à la société-générale
et que j’ai laissé filer
pour préserver
le parfum d’absolu
qui se serait évaporé
dès les premières secondes
de la prise de contact »

perdu d’avance (J.L)

:: mis en ligne par O., 21:02 | link | 

26.3.03

:: mis en ligne par O., 00:11 | link | 

23.3.03

Manur : (si les américains tranforment les french fries enfreedom friesdébaptisons le quart d’heure américain !

:: mis en ligne par O., 16:30 | link | 

21.3.03

Uren.Dagen.Nachten
c’est en néerlandais, en anglais et français, et ça fait des mois que je veux le dire : c’est très bien.

Irak Body Count
The worldwide update of civilian casualties in the war on Iraq
via UDN

ça y est, ça redevient indécent, de parler de la guerre et puis sur la même page de ses petites histoires d’écriture – pourtant il faudrait que ça soit la même chose, la même attitude un peu furieuse envers le monde extérieur.

:: mis en ligne par O., 14:07 | link | 

20.3.03

j’aimerais pouvoir expliquer quelques fois que je n’écris pas pour écrire, j’écris parce que je n’en ai pas le choix. quelque chose vient soudain dans la main, dans le corps tout entier, une espèce de vague vers l’avant qui déborde de partout – alors il faut écrire, et l’acte d’écrire vient comme une rupture de digue, un soulagement, la main file toute seule sur le papier ou le clavier, ce qui est dit importe peu, ce qui est nécessaire c’est le geste, c’est le flot, c’est le rythme des mots qui vient comme une chanson ou un envoûtement. je ne peux pas raconter d’histoire. je peux peut être par contre plus facilement écrire un sentiment, un mouvement, quelque chose d’abstrait et qui flotte et qui vole et qui n’existe que dans le regard pourvu qu’il soit éduqué à bien voir. l’évènementiel n’est qu’une excuse à l’écriture – ce qui arrive dans une journée n’est pas ce qui importe, ce qui importe ce sont les dix lignes qui disent la journée. on lit par désir (et puis je pense à Deleuze) : on lit par désir de construction. il faudrait toujours pouvoir écrire dans cette tonalité de langage qui est presque celle du silence, celle de l’effleurement : celle qui esquisse les traits et laisse le reste à deviner, à construire, à monter de toutes pièces – c’est le lecteur qui lit ce qu’il veut lire. je ne fais en écrivant que disséminer des codes, placer des repères pour des représentations – le lecteur en fonction de ce qu’il veut lire m’inventera tour à tour sotte et insupportable ou somptueuse héroïne de roman.

le piège au bout d’un moment c’est ce filet même que je m’applique à tendre sans plus m’en rendre compte – une esthétisation à outrance. ce qui est écrit doit être esthétique à tout prix. le contenu s’efface dans le contenant. le signifié cède la place au signifiant. l’espace même d’écriture dans le cadre du journal influence ce qui est écrit : tout doit y être lissé, brossé, impeccablement mis. c’est très à la mode d’aimer les films de Wong-Kar Wai et plus encore in the mood for lovemais je comprends maintenant en quoi ce film m’avait bouleversée : de ce film je ne garde pas le moindre souvenir d’une possible intrigue/histoire/trame de quelque genre qu’il soit. je garde par contre et comme inscrit profondément dans la mémoire et la peau la musique somptueuse, la couleur étalée, le mouvement lent de Maggie Cheung et Tony Leung avançant magnifiques dans des rues de poussière comme battues par la pluie, leurs corps vivants au monde, prégnants, terribles, explosant le tissu d’une simple robe chinoise et d’un costume trois-pièces.

:: mis en ligne par O., 14:11 | link | 

14.3.03

aujourd’hui, c’est littérature

ClicNet : Littérature Francophone Virtuelle
ABU : la Bibliothèque Universelle
Gallica : bibliothèque numérique de la BNF

c’est quand même assez agaçant de n’avoir pas accès librement aux oeuvres qui ne sont pas encore tombées dans le domaine public…

:: mis en ligne par O., 13:16 | link | 

Cher George…. : lettre de Michael Moore à GWBush.
(via JamaisContent)

:: mis en ligne par O., 11:52 | link | 

artiste inutile (mais agréable) : labyrinthique site de nicolas guirriec, très bien
(via chryde)

ce blog se mettrait-il soudain à revivre ? c’est peut être la faute duPrince Wladimir…

:: mis en ligne par O., 00:22 | link | 

13.3.03

une fois dans la case sujet de ma mailing-list de mise à jour j’avais mis « mise à jouir » mais je crois que personne n’a jamais rien vu…

:: mis en ligne par O., 01:13 | link | 

8.3.03

:: mis en ligne par O., 16:48 | link | 

4.3.03

:: mis en ligne par O., 12:58 | link | 

26.2.03

:: mis en ligne par O., 22:53 | link | 

Mais nous devons aussi admettre que la littérature, actuellement du moins encore, constitue non seulement une expérience propre, mais une expérience fondamentale, mettant tout en cause, y compris elle-même, y compris la dialectique (…) l’art est contestation infinie.

Blanchot, l’homme du silence

:: mis en ligne par O., 12:17 | link | 

in my sleep i’m still falling

desnos, daumal, et d’autres – en anglais, et avec de drôles de dessins – sur le labyrinthique kicking giants.

:: mis en ligne par O., 12:04 | link | 

16.2.03

l’axe des belettes défile dans la rue

En plus, en s’en prenant aux Français, on ne court aucun risque d’offenser une partie importante de la population américaine. Il n’existe pas de bloc franco-américain dans l’électorat. Les Italiens et les Irlandais par contre sont intouchables (nous aurons bientôt l’énorme défilé annuel de la Saint-Patrick, toujours politique, mais ils ont refusé l’autorisation de manifester contre la guerre devant l’ONU ce samedi pour « raisons de sécurité » — on n’ose pas contrarier les Irlandais.) On ne peut pas insulter les Noirs ou les Hispaniques ou les Juifs, parce que ces gens-là votent. On s’en fout un peu des Anglais, appréciés un peu comme des cousins à l’accent drolatique. (…) Mais les Français, on sait (en principe) qui c’est (ça mange des cuisses de grenouilles et du fromage, ça boit du champagne), mais on n’en voit pas, donc cela ne gêne à personne si on les accuse de n’importe quoi.

découvert via Jemisa, le journal en français d’un new-yorkais : sale bête

:: mis en ligne par O., 00:26 | link | 

13.2.03

du travail en perspective pour le journal. j’ai mise à jour la page ego. il faut que je règle ce problème d’erreur sur la page qui me semble venir des bidules de statistiques. ça fait des siècles que je n’ai pas fourré le nez dans les codes. ça commence à être plein de poussière là-dedans. il y a un ménage fou à faire sur l’année 2002 et tous ses liens brisés, de l’époque où je tenais le journal à partir de trois ordinateurs différents… si ça ce n’est pas du travail d’artisan, il me font rigoler les autres avec leur Blogger accessible de n’importe quelle machine. allez hop au boulot. avec un peu de chance un de ces jours j’arriverai peut être même à être aux normes du W3C… (hum)

:: mis en ligne par O., 01:19 | link | 

j’avais encore oublié ce truc-là.

:: mis en ligne par O., 01:14 | link | 

5.12.02

Evguéni Grichkovets est au Théâtre de la Bastille et c’est très bien. un monologue autobiographique particulièrement bien écrit, bien ficelé, et puis un sacré tour de force de la part du traducteur (simultané!) Arnaud Le Glanic.
qu’on en profite, c’est le mois de Moscou sur scène à Paris.

:: mis en ligne par O., 03:11 | link | 

les cours de Barthes pour le collège de France sur France-Culture. ce matin c’était quand même extraordinairement fatigant.

:: mis en ligne par O., 02:57 | link | 

26.11.02

la mélancolie érotique, une approche de l’amour au XVIIème siècle

:: mis en ligne par O., 21:04 | link | 

petit changement de design pour un médicament pour la mélancolie.
merci tout de même à Java pour le petit truc mignon aux couleurs de l’ancien blOg. moi qui me considère plus comme une « journaleuse » que « bloggeuse », j’apprécie drôlement que ce blOg puisse aussi être reconnu.

:: mis en ligne par O., 20:51 | link | 

12.11.02

« Toutes les traductions sont des approximations.Plus le texte original est beau, plus la traduction ne peut être qu’approximative. On ne peut en aucun cas prétendre à la vérité absolue. Une traduction, c’est une interprétation. Comme pour un interprète d’une sonate de Beethoven. En plus, l’idée qu’on a d’un auteur peut changer, pas seulement à cause des traductions, mais à cause du mouvement des idées qui sont portées par ces traductions… »

André Markowicz,
traducteur incroyable de Dostoïevski, Tchekhov et autres grands bonshommes
sur remue.net (of course)

:: mis en ligne par O., 02:09 | link | 

11.11.02

à corps perdus

photographies de nus autour de l’insomnie,
par marc bergère

:: mis en ligne par O., 23:47 | link | 

20.10.02

à un moment dans la vie j’étais fière, terriblement fière de ma belle école parisienne, mon bel amoureux très doué et très intelligent, et puis très fière de mon âge, aussi, très fière de mes moins-de-vingt ans qui expliquaient tout, qui excusaient tout. enfin je croyais.

à un moment oui c’était bien, j’allais rue de la montagne-sainte-geneviève dîner au restaurant tibétain, et puis j’allais au luxembourg lire sur les bancs, j’aimais aussi ce garçon aux yeux doux qui m’emmenait dans la ville et me donnait des rendez-vous qui tournaient au jeu de piste et m’inventait des histoires et faisait déposer des fleurs, de grandes orchidées toutes bardées de couleurs, le soir devant chez moi, quand je venais juste de le quitter sur le quai de la gare.

à un moment c’était merveilleux. maintenant je garde quoi dans la bouche, le souvenir amer d’un mensonge, l’impression folle d’avoir été flouée ?

andrinople, c’est très bien mais souvent, je peux pas, vraiment, je peux pas.

demain (bientôt) je supprime l’ancien journal

:: mis en ligne par O., 23:29 | link | 

18.10.02

un vrai médicament pour la mélancolie 

jean-pascal tient un journal musical.

Musique de cafard qui danse dans le vinaigre (fripp & byrne),Font du bruit, mais pas peur du tout (adema), la petite Mireille Matthieu d’Islande fait son truc, par exemple grrr grrr (björk)…

et puis toujours aussi roborative bien sûr (je ne m’en lasse pas !) :l’incontournable page sur le rock indépendant…

:: mis en ligne par O., 06:08 | link | 

c’est merveilleux, ça, passer sa nuit à bidouiller des codes et puis écouter david sylvian. ça commence à prendre forme sur le site de la jeune fille et la mer. tout doucement. j’ai encrypté mon adresse emailavec un truc très bien pour essayer d’éviter le spam. j’ai mis en place un système de promenade aléatoire. j’ai scanné des photos et des trucs trouvés chez moi. bon et bien il ne reste plus qu’à écrire les textes quoi…

:: mis en ligne par O., 05:10 | link | 

bord de nuit. oui je sais c’est le bazar mais c’est la faute de blogger. j’ai du tout déménager et j’ai perdu les perma-links des archives et pour le moment les archives et bien, il n’y en a plus, et c’est comme ça, et je m’en fous. j’ai remis à jour les liens des choses que je fais et les journaux que je lis dans la marge de gauche. je suis fatiguée et m’endors à moitié et quand je ferme les yeux je vois des codes html partout sous mes paupières.

:: mis en ligne par O., 05:02 | link |